Dans un environnement européen toujours dégradé, Geberit confirme en 2025 sa capacité à surperformer son marché. Mais cette dynamique masque des disparités importantes, notamment en France, où le contexte de la construction pèse plus fortement sur l’activité.
Un groupe qui gagne des parts de marché dans un marché en repli
En 2025, Geberit affiche un chiffre d’affaires de 3,16 milliards de francs suisses, en progression de +2,5 % (+4,8 % à taux constants) .
Dans un marché européen du sanitaire encore contraint, cette performance traduit un point clé :
👉 Geberit surperforme un marché globalement atone.
La croissance est tirée par :
1. l’Europe (+4,1 % à taux constants)
2. les zones à forte dynamique (Moyen-Orient / Afrique +24,8 %)
Mais cette moyenne européenne masque des réalités nationales très différentes.
France : un marché plus dégradé que la moyenne européenne
En France, la situation est structurellement plus tendue :
1. chute marquée du logement neuf depuis 2022
2. recul des permis de construire plus prononcé qu’ailleurs
3. attentisme des ménages et des promoteurs
4. dépendance plus forte au collectif neuf que certains marchés européens
👉 Conséquence pour des acteurs comme Geberit :
1. pression plus forte sur les volumes liés au neuf
2. nécessité de rééquilibrer vers la rénovation
3. concurrence accrue sur les marchés existants
Autrement dit :
👉 là où le groupe parle de stabilisation, la France reste en phase de correction.
Une résilience tirée par la rénovation… mais avec limites
Au niveau groupe, la rénovation représente environ 60 % de l’activité , ce qui constitue un amortisseur majeur.
Mais en France, cette bascule est moins immédiate :
1. la rénovation est plus fragmentée
2. les circuits de décision sont plus longs
3. la dépendance aux aides (MaPrimeRénov’, etc.) crée de l’instabilité
👉 Pour les industriels, c’est un point clé :
la rénovation ne compense pas mécaniquement la chute du neuf, surtout en France.
Des fondamentaux industriels solides… mais une lecture locale plus exigeante
Au niveau groupe, les indicateurs restent très solides :
1. marge EBITDA : 29,4 %
2. cash-flow en hausse
3. dette en baisse
Mais en France, les enjeux sont différents :
1. nécessité d’adapter le discours produit (moins orienté neuf)
2. renforcement du rôle des distributeurs
3. montée en puissance des prescripteurs (architectes, installateurs)
4. besoin d’accélérer la conversion vers des solutions à valeur ajoutée
👉 La performance ne dépend plus uniquement du produit, mais de la capacité à activer le marché localement.
Une stratégie groupe cohérente… mais à décliner finement
Geberit maintient une stratégie claire :
1. innovation produit
2. investissements industriels
3. développement marketing
4. digitalisation
Mais en France, cette stratégie doit répondre à un enjeu spécifique :
👉 recréer de la demande dans un marché en contraction.
Cela passe par :
1. un marketing plus offensif
2. une meilleure activation des réseaux
3. une capacité à générer du besoin, pas seulement à capter la demande existante
Nomination : un marketing plus proche du terrain

Geberit France a nommé Fernando Ribeiro Directeur Marketing en janvier 2026 .
Avec plus de 25 ans d’expérience et un parcours mêlant industrie et second œuvre, il apporte :
une expertise forte des circuits de distribution
une culture produit
une expérience des marchés techniques
Il pilote une équipe de 24 personnes avec pour missions :
renforcer la visibilité de la marque
soutenir l’innovation
accompagner le développement commercial
👉 Lecture intéressante dans le contexte français :
Le choix d’un profil très orienté produit + distribution traduit une évolution du marché :
nécessité de mieux activer les réseaux
importance du lien terrain
rôle croissant du marketing dans la génération de business
Autrement dit :
👉 le marketing devient un levier opérationnel, pas seulement un support.
Conclusion
Geberit illustre parfaitement le décalage actuel du secteur :
un groupe solide, capable de croître dans un marché difficile
des marchés nationaux, comme la France, encore en phase de tension
👉 Pour les industriels, l’enseignement est clair :
la performance ne se joue plus uniquement au niveau global, mais dans la capacité à s’adapter finement aux réalités locales.
Et dans ce contexte, la fonction marketing — notamment en France — devient un élément clé pour transformer une stratégie groupe en performance terrain.
