Faits saillants :
- 331 420 kWh consommés en moyenne par ferme et par an ;
- Le gros de la consommation, et donc du gisement d’économies d’énergies, se trouve dans le GNR et l’utilisation d’engrais pour presque toutes les productions. Pour les éleveurs : se rajoute les aliments du bétail ;
- En moyenne les fermes Fabacéé vont chercher 10% d’économies d’énergie grâce à l’accompagnement proposé par le programme ; les fermes déjà assez optimisées au niveau énergétique y parviennent également ;
- Au total, ces 1000 premières fermes Fabacéé envisagent de mettre en place des actions qui permettraient une économie de 0,32 TWh “cumac” (c’est-a-dire cumulées sur dix ans), ce qui correspond à 25% de l’objectif final de 1,29 TWh cumacs d’économie d’énergie que s’est fixé le programme Fabacéé (l’équivalent de 3% de la consommation énergétique directe du secteur agricole en France sur une année) .
À l’occasion du Salon de l’agriculture édition 2026, Fabacéé, premier et unique programme agricole CEE qui accompagne les agriculteurs vers la réduction de leur consommation d’énergie, a dévoilé son premier “Baromètre du bilan énergétique des fermes françaises”.
Cette étude exclusive, menée auprès de 1 000 exploitations parmi les 3 000 ayant rejoint le programme en 2025, propose une analyse de leurs consommations d’énergie directe et indirecte, des dépenses engagées par les agriculteurs et des leviers d’économies identifiés à l’échelle des exploitations. Elle est complétée par des focus sectoriels consacrés aux grandes cultures, à l’élevage bovin lait et à la viticulture.
Alors, quels sont les principaux enseignements de cette étude ? Quel est le coût énergétique moyen d’une ferme française en 2026 ? Quels postes se révèlent les plus énergivores ? Et surtout, quels leviers d’optimisation peuvent être activés ? Éléments de réponse ci-après.
Des niveaux de consommation qui pèsent sur les charges des exploitations
À l’issue de la phase de diagnostic réalisée en 2025 par les animateurs financés par le programme auprès des 1 000 premières exploitations ayant rejoint le programme, Fabacéé révèle que les fermes analysées consomment une moyenne de 331 420 kWh par ferme (soit l’équivalent de l’électricité annuelle d’environ 70 foyers français). Rapportée en euros, cette consommation représente une dépense moyenne de 38 000 euros par exploitation et par an, soit 20% du chiffre d’affaires moyen d’une exploitation.
Derrière cette moyenne se cachent toutefois de fortes disparités selon les systèmes de production. Avec 779 482 kWh consommés par exploitation et par an, les fermes en grandes cultures apparaissent de loin comme les plus énergivores. Elles consomment deux fois plus que les élevages bovins laitiers (349 948 kWh par ferme et par an) et près de sept fois plus que les exploitations viticoles (92 518 kWh par ferme et par an).
Logiquement, les budgets énergétiques suivent la même tendance, avec une dépense annuelle estimée à 65 130 € pour les grandes cultures, 38 500 € pour les élevages bovins laitiers et 20 715 € pour la viticulture.
GNR et engrais au coeur des charges
Les diagnostics de Fabacéé révèlent un constat clair : la consommation énergétique des exploitations agricoles s’articule autour du GNR (Gaz Non Routier utilisé pour alimenter tous les travaux mécanisés) et des engrais, A eux deux, ces postes comptent entre 50 et 75% de la conso des fermes représentées dans l’échantillon
Dans les exploitations en grandes cultures, les engrais représentent à eux seuls 50 % de la consommation énergétique, devant le GNR (23 %) ). Dans les élevages bovins laitiers, la consommation se répartit principalement entre le GNR (34 %), l’alimentation animale (29 %), les engrais (17 %) et l’électricité (12 %). En viticulture, le GNR constitue également le premier poste (37 %), suivi des engrais (33 %) et des autres intrants, comme les produits phytosanitaires et les emballages (26 %).
Plus de 10% d’économies possibles grâce à des leviers ciblés
À l’issue de cette première phase, pour réduire la consommation énergétique des exploitations diagnostiquées, les 140 animateurs ainsi que les groupes d’agriculteurs bénéficiaires du programme Fabacéé ont identifié plusieurs leviers d’action concrets et dont l’impact est chiffré. Le principal poste de réduction concerne le GNR : grâce à l’éco-conduite, et aux changements dans les itinéraires techniques (dont la réduction du travail du sol), des économies significatives peuvent être réalisées. Leur poids est estimé entre 45 % et 75 % du potentiel total d’économie d’énergie selon les filières.
Les actions agissant sur la consommation d’engrais minéraux (des leviers de pilotage de l’azote – via OAD et matériel d’épandage – jusqu’aux leviers d’amélioration de la fertilité des sols – travail du sol et introduction de légumineuses) permettrait de réaliser 20 % à 40 % du total du potentiel d’économies envisagé. Par ailleurs, les actions améliorant l’autonomie fourragère (gestion de l’herbe et du pâturage, augmentation de la quantité de légumineuses dans les rations) contribuerait à une diminution de la consommation d’énergie pouvant aller de 7 % pour les grandes cultures à 17 % pour l’élevage bovins lait.
Enfin, l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements électriques (chauffe-eau solaire, récupérateur de chaleur, pré-refroidisseur de lait) offrirait plus de 15 % de gains supplémentaires dans les élevages laitiers.
Au total, les leviers identifiés par Fabacéé permettraient aux exploitations de réduire de plus de 10 % leur consommation énergétique globale, directe comme indirecte. Il est également intéressant de constater que cet objectif d’économie est aussi possible sur des fermes embarquées dans le programme déjà optimisées au niveau énergétique.
« Les résultats de ce baromètre sont le fruit du travail de terrain mené par les 140 animateurs du collectif aux côtés des agriculteurs engagés dans notre programme. Ils démontrent que chaque exploitation dispose d’un potentiel pour diminuer sa consommation d’énergie Dans un contexte agricole sous tension, où le modèle économique de certaines filières est fragilisé, le constat que nous dressons aujourd’hui doit être un moteur de confiance et d’action. » indique Romain Behaghel, Responsable du programme Fabacéé.
Bonne nouvelle : les plans d’action d’économie d’énergie de ces 1000 premières exploitations agricoles engagées dans le programme vont permettre d’économiser un volume d’énergie de 0,32 TWhc, soit l’équivalent de 5% de la production d’un réacteur nucléaire en France, ce qui correspond à 25% de l’objectif total d’économie d’énergie d’ici à fin 2027 de ce premier programme CEE financé pour le secteur de l’agriculture.
A propos de Fabacéé :
Fabacéé, qui signifie Financer et Accompagner les Besoins des Agriculteurs pour Créer des Économies d’Énergie, est le premier programme retenu dans le cadre des Certificats d’Economie d’Energie (CEE) sur la thématique agriculture. Encadré par le ministère chargé de l’énergie, il est financé par quatre énergéticiens et porte un objectif global d’économie d’énergie exprimé en TWhc.
Fabacéé est porté par FEVE avec SOLAGRO et l’AREC Occitanie. Il s’appuie sur les partenaires FNCUMA et le programme ACTEE (FNCCR) pour le déploiement national du programme. Enfin, les partenaires AILE, IRA2E, AREC, Agrosolutions, Ceresco, FRCIVAM et FRCUMA Nouvelle-Aquitaine assurent le pilotage régional du programme dans les régions suivantes : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Grand-Est, Nouvelle-Aquitaine, Normandie, Occitanie, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
A propos des partenaires Fabacéé :
FEVE, porteur pilote : entreprise de l’ESS, FEVE finance l’achat de fermes grâce à l’épargne citoyenne et les loue (avec option d’achat) à des agriculteurs s’engageant à respecter une charte agroécologique. FEVE assure la coordination globale du programme.
SOLAGRO, porteur associé : entreprise associative au service des transitions, spécialiste des questions énergétiques en agriculture, Solagro est responsable des outils de diagnostic Énergie et Climat, et de la formation des animateurs du programme Fabacéé auprès des groupes d’agriculteurs.
AREC Occitanie, porteur associé : outil de la région Occitanie, l’AREC Occitanie appuie la concrétisation des projets de transition des collectivités et des acteurs économiques régionaux par l’accompagnement, le co-développement, le financement, ou le tiers-investissement. Elle met en place un fonds de contre-garantie bancaire pour les bénéficiaires du programme Fabacéé et est également pilote du déploiement en région Occitanie (appel à candidature puis animation des lauréats).
AILE, partenaire : est pilote de Fabacéé pour les régions Bretagne, Pays de la Loire et Normandie (appel à candidature puis animation des lauréats). AILE est une agence locale de l’énergie dans le Grand Ouest, spécialisée dans la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables en milieu agricole et rural.
IRA2E, partenaire : L’Inter-Réseau Agriculture Énergie Environnement est pilote de Fabacéé pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (appel à candidature puis animation des lauréats). Il est aussi propriétaire de l’autodiagnostic, l’outil de diagnostic énergie, gaz à effet de serre à destination des agriculteurs et agricultrices.
FRCIVAM pilote le programme Fabacéé dans cette région en partenariat avec la Fédération régionale des CUMA. Les groupes CIVAM rassemblent agriculteurs et ruraux pour oeuvrer de manière collective à la transition agro-écologique. Les CUMA permettent à des agriculteurs de mutualiser des matériels agricoles, mais aussi de la main d’oeuvre notamment dans une perspective de transition.
Agrosolutions pilote le programme Fabacéé pour la région Grand Est. Agrosolutions est un cabinet de conseil en agroenvironnement qui accompagne depuis plus de 50 ans les acteurs des filières agricoles, agroalimentaires et des territoires dans leur transition vers des systèmes durables et résilients.
Ceresco, pilote Fabacéé pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ceresco est une société de conseil indépendante spécialisée dans les secteurs agricoles et agroalimentaires, qui offre des solutions sur mesure aux acteurs publics et privés.
FRCUMA, partenaire : fort de son réseau de près de 10 000 Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA), la FNCUNA soutient le déploiement du programme.
ACTEE, partenaire : ACTEE apporte son expertise en matière de pilotage de programme CEE et aide à renforcer les liens entre Fabacéé et les collectivités territoriales.
