Face à l’aggravation de la crise du logement et à l’effondrement des mises en chantier, le Gouvernement a annoncé le lancement du plan « Relance Logement », avec un objectif ambitieux : construire 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Présenté le 23 janvier 2026 par le Premier ministre, ce plan marque un tournant stratégique pour l’ensemble de la filière bâtiment.
Une situation jugée critique pour le logement en France
La crise du logement s’est fortement accentuée ces dernières années. Les Français consacrent en moyenne 28 % de leurs revenus au logement, tandis que l’offre locative a reculé de 15 % en cinq ans, affectant particulièrement les étudiants, apprentis et jeunes actifs.
Entre décembre 2024 et novembre 2025, les mises en chantier de logements neufs ont chuté de 22 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Dans le logement social, près de 2,9 millions de dossiers restent en attente, mettant sous tension l’ensemble du système.
400 000 logements par an : un cap clairement affiché
Pour atteindre les 2 millions de logements d’ici 2030, l’État fixe un objectif annuel de 400 000 logements construits par an.
Dès 2026, le Gouvernement vise :
- 50 000 logements locatifs privés, en complément de la production dédiée à l’accession à la propriété ;
- 125 000 logements sociaux, afin de répondre à la demande croissante des ménages modestes.
Ces objectifs concernent directement l’ensemble des acteurs de la construction : promoteurs, bailleurs sociaux, entreprises du BTP, industriels et bureaux d’études.
Des moyens financiers renforcés pour relancer la production
Le plan « Relance Logement » s’accompagne d’un effort financier inédit depuis dix ans, en particulier en faveur du logement social.
Le Gouvernement annonce 500 millions d’euros supplémentaires destinés à près de 700 bailleurs sociaux, pour soutenir à la fois la construction neuve et la rénovation du parc existant.
Parallèlement, un nouveau dispositif fiscal “Relance Logement” est mis en place pour mobiliser l’épargne des particuliers vers l’investissement locatif :
- accessible sans condition de zonage ;
- avec des loyers plafonnés, afin de garantir une offre abordable ;
- applicable aux logements neufs et anciens, sous réserve de travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien (seuil qui devrait être abaissé à 20 % dans un futur texte législatif).

Simplification, transformation et rénovation : lever les freins structurels
Au-delà du financement, le Gouvernement entend agir sur les freins réglementaires et opérationnels à la production de logements. Sous l’égide du ministre de la Ville et du Logement, plusieurs axes sont annoncés :
- simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, avec un rôle renforcé des maires ;
- accélération de la transformation du tertiaire vers le résidentiel ;
- facilitation de la rénovation énergétique, notamment pour remettre sur le marché des logements classés F et G ;
- sécurisation des propriétaires bailleurs face aux impayés.
Dans certaines « zones à bâtir d’urgence », l’État se positionnera comme aménageur-stratège, avec la possibilité de dérogations aux normes pour accélérer les projets, dans un esprit comparable aux grands chantiers exceptionnels récents.
Une mobilisation attendue de toute la filière
Le plan « Relance Logement » repose sur une coordination étroite entre l’État, les collectivités locales et les acteurs économiques. Il s’inscrit dans une logique de long terme, avec un futur projet de loi de décentralisation visant à redonner aux élus locaux davantage de leviers d’action sur le logement.
Pour la filière bâtiment, ce plan représente à la fois un défi industriel majeur et une opportunité de relance durable, à condition que les moyens financiers, réglementaires et opérationnels annoncés se traduisent rapidement sur le terrain.
Source : Communiqué du Gouvernement – Service de presse, Hôtel de Matignon, 23 janvier 2026
Ce que ça change pour les professionnels du bâtiment
Promoteurs & aménageurs
Retour de visibilité avec l’objectif de 400 000 logements/an, opportunités dans les zones à bâtir d’urgence et accélération des projets de transformation du tertiaire vers le résidentiel.
Bailleurs sociaux
Capacité d’investissement renforcée grâce aux 500 M€ supplémentaires, priorisation des programmes neufs et de rénovation énergétique.
Entreprises du BTP
Redémarrage attendu des carnets de commandes, notamment en logement collectif et rénovation énergétique lourde.
Industriels du bâtiment
Hausse de la demande en solutions constructives industrialisées, bas carbone et équipements énergétiques performants.
Collectivités
Rôle renforcé des maires dans l’instruction et l’accélération des projets de logement.
Analyse BatiEtude – Une relance indispensable, mais sous conditions
Un signal politique fort
L’objectif de 2 millions de logements d’ici 2030 répond à un décrochage structurel entre besoins et production réelle observé depuis plusieurs années.
Un défi opérationnel majeur
Atteindre 400 000 logements/an suppose de lever des freins persistants : délais administratifs, tensions sur la main-d’œuvre et équilibre économique fragile des opérations.
Segments les plus porteurs
Logement collectif, rénovation énergétique globale et transformation du tertiaire concentreront l’essentiel de la dynamique.
Enjeu clé
La réussite dépendra de la capacité des acteurs locaux et de la filière à transformer rapidement les annonces en projets opérationnels.
